Opinion publique française : inquiétude et priorités pour 2026

Opinion publique française : inquiétude et priorités pour 2026
6 janvier 2026 Olivier Debeney

Contexte

À l’approche de 2026, les enquêtes Elabe et Odoxa révèlent une opinion publique française durablement inquiète et largement pessimiste. Marqués par l’instabilité politique de 2025 et un contexte international tendu, les Français expriment des priorités claires — pouvoir d’achat, sécurité, stabilité — tout en doutant fortement de la capacité de l’action publique à répondre à leurs attentes.

Une inquiétude durablement installée chez les Français

Les enquêtes récentes menées par Elabe et Odoxa convergent vers un même constat : l’opinion publique française est marquée par un certain pessimisme.

Selon ces études, la situation actuelle du pays inspire avant tout de l’inquiétude à 62% chez les Français, loin devant l’exaspération (39%), la colère (33%) et la lassitude (33%).
Ce climat traverse l’ensemble des catégories sociales et politiques, indiquant une crise de confiance globale plus qu’un rejet partisan. 

Ce pessimisme se traduit également dans leurs prospectives d’avenir : 46% des Français estiment que 2026 sera une année moins bonne que 2025 pour la France, contre 9% seulement qui anticipent une amélioration (Elabe).
Les seniors apparaissent comme les plus pessimistes, tandis que les moins de 35 ans restent relativement optimistes pour leur situation personnelle (43%), sans pour autant exprimer de confiance collective

Une année 2025 aux couleurs d’instabilité politique

Dans le sillage de 2024 et la dissolution de l’Assemblée nationale, l’instabilité politique reste l’événement le plus marquant de 2025.  En effet, l’absence de majorité, la chute du gouvernement Bayrou et les blocages institutionnels ont profondément affecté la perception de l’action publique. 

Dans ce contexte, les difficultés de pouvoir d’achat arrivent en deuxième position (40%), à égalité avec le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, événement international majeur de l’année. 

Donald Trump est également désigné comme la personnalité la plus marquante de 2025 (49%), devant Volodymyr Zelensky (35%) et Vladimir Poutine (31%), confirmant le poids des tensions géopolitiques dans la lecture de l’actualité.

Des aspirations claires et pragmatiques

Les enquêtes font apparaître une hiérarchie claire et stable des priorités :

  1. Pouvoir d’achat : 44%
  2. Lutte contre l’insécurité et le narcotrafic : 39%
  3. Réduction de la dette publique : 38%
  4. Accès aux soins et système de santé : 36%
  5. Stabilité politique et institutionnelle : 35%
  6. Maîtrise de l’immigration : 33%

Les souhaits formulés pour 2026 confirment ces priorités :

  1. Hausse du pouvoir d’achat (43%),
  2. Baisse de l’insécurité (42%),
  3. Réduction de l’immigration (35%).

Ces attentes varient bien évidemment selon les proximités partisanes mais réside un certain socle commun. 

En outre, ils souhaitent de la part de leurs responsables politiques qu’ils aient un souci particulier pour l’intérêt général (44%) et qu’ils fassent preuve d’honnêteté (43%) et d’efficacité (42%).

Un rejet de la croyance en « l’année utile » souhaitée par le président de la république

Malgré les vœux présidentiels appelant à faire de 2026 une « année utile », 64% des Français n’y croient pas (Elabe).
Par ailleurs, le pays reste très partagé entre aspiration au changement (52%) et désir de stabilité (47%), signe d’une hésitation stratégique collective.

En Bref

Eu égard à ces données, les Français semblent très sceptiques à propos de l’année 2026 qui débute.
Marqués par l’instabilité politique de 2025, l’opinion publique aspire à plus de stabilité institutionnelle, de sécurité et d’amélioration significative du niveau de vie (pouvoir d’achat, accès aux soins …). En parallèle, ils souhaitent que leurs représentants politiques soient honnêtes, efficaces et œuvrent davantage pour l’intérêt commun.